La séparation

Un enfant n’est pas un paquet que l’on dépose et que l’on reprend comme si de rien était. C’est une personne à part entière, qui a des besoins, des envies et qui s’exprime. Aujourd’hui, le personnel de crèche est attentif aux besoins de l’enfant.

Dans la crèche où je travaille, on propose un rdv pour l’inscription. Au cours de celui-ci, le parent rempli les papiers, puis avec son enfant, ils visitent la crèche. Une date est fixée pour la « fameuse » période d’adaptation.

L’adaptation, se fait sur une semaine. Le 1er jour, le parent répond aux questions concernant le rythme et les habitudes de l’enfant, il passe un moment avec lui, et s’en va. Et progressivement, l’enfant va rester la matinée, le repas, à la sieste et enfin la journée. C’est une période importante et nécessaire pour l’enfant et son parent.

Bien souvent, les enfants sont à la crèche, car les parents travaillent, reprennent le travail ou cherchent du travail. L’enfant n’a donc pas le choix, mais il a le droit d’exprimer ce qu’il ressent.

Tous les jours, je suis confrontée, à ce moment difficile ou non, qu’est « la séparation » entre l’enfant et son parent.

•Il y a les parents qui simplement, amènent leur enfant, leur dit « au revoir », un bisou et s’en vont.

•Il y a les parents pressés, qui ne prennent pas le temps de dire « au revoir » à leur enfant.

•Il y a les parents qui ne sont pas du tout pressés, et te racontent leur vie.

•Il y a les parents qui partent et reviennent, car ils entendent leur enfant pleurer.

•Il y a les parents qui éternisent ce moment avec des câlins et des bisous à gogo.

•Il y a aussi les parents qui s’installent et jouent avec leur enfant.

Selon les situations, certains enfants vont: pleurer, crier, se mettre en colère, il y en a d’autres, qui vont directement aller jouer, sans même s’occuper de son parent, d’autres encore, voudront un câlin avant d’aller jouer.

Certains enfants, entretiennent cet état de « tristesse ». Et sans que rien ne viennent les perturber, ils se mettent à pleurer derrière vous, en disant « maman » et cela toute la journée.

D’autres, ont aussi besoin de temps. En effet, il ne suffit pas d’avoir vu un lieu pendant un temps, pour que l’enfant se sente en sécurité et en confiance.

Un enfant qui pleure tous les jours lors d’une séparation, c’est un enfant qui cherche à dire quelque chose. Parfois, ça ne « passe pas ». Il serait tentant de penser, que c’est dû au fait que vous alliez travailler, mais ce n’est pas toujours le cas.

Est-ce en rapport avec la nourrice ? Le lieu ? La crèche ? Un autre enfant peut-être ? Etes-vous angoissé(e) ? Il se peut qu’il la ressente. Ou encore, il se peut que le mode de garde choisit, ne lui convienne pas.

Un conseil, parlez-lui. Il n’y a pas de solution miracle, car chaque enfant réagit différemment.

De votre côté :

Prévenez-le à l’avance de la séparation, au fur et à mesure que le moment arrive, les émotions peuvent changer. Le bébé ne prêtera pas attention aux sens des mots, mais il sera sensible à l’intonation de votre voix.

Vous pouvez évoquer avec lui, ce qu’il va faire au cours de la journée ? Ainsi, votre enfant se construit des repères.

Penser aux livres, qui permettent à l’enfant de s’identifier.

Vous pouvez également parler de vos émotions, vous pouvez lui dire que vous aussi vous êtes triste de le quitter.. Comme vous pouvez lui dire que vous êtes content(e) de retrouver votre travail et à l’inverse, il est très important d’écouter et d’accueillir ses émotions. Il a le droit d’être en colère, triste, etc.

Vous pouvez également, lui faire visiter votre lieu de travail  » tu vois quand tu es à la crèche, je suis ici, toute la journée !  » Ca va lui permettre de comprendre que vous existez en dehors de lui et que vous avez votre vie.

Quand le moment de la séparaton arrive, n’hésitez pas à parler à votre enfant, quelque soit son âge.  » Je te laisse, je dois aller au travail, mais Sylvia et …. vont très bien s’occuper de toi… Je viendrai te chercher ce soir, etc. » Françoise Dolto disait :

 » la parole reste quand celui qu’il a prononcé a disparu « .

Et enfin, donnez toujours les vraies raisons de la séparation et éviter les phrases du genre  » je reviens dans 5 min », « je reviens bientôt », « je vais travailler (alors que vous êtes en congé) » … Les enfants voient et ressentent les choses.

De mon côté : 

Je demande toujours aux parents de dire « au revoir » à l’enfant. Les parents ont souvent tendance à partir en catimini, dès que leur enfant a le dos tourné. L’enfant à beaucoup de mal à s’en remettre et la fois d’après, il risque de s’accrocher encore plus. Souvent, j’interpelle l’enfant et je dis « tu dis au revoir à maman, elle s’en va… »

Je fais en sorte que ce moment ne s’éternise pas. « Allé, tu viens avec moi, tu vas dire au revoir à maman, un dernier bisou et c’est parti.”

Et vraiment si ça s’éternise, j’invite le parent à partir pour le bien-être de son enfant « Je sais que c’est difficile pour vous, mais je pense qu’il est temps de partir, ça risque d’être difficile pour votre enfant si vous rester.  On va chanter, faire de la motricité, etc.  » j’essaie de rassurer le parent au maximum, tout en le dirigeant vers la sortie.

Si jamais c’est difficile pour l’enfant, j’essaie de le rassurer en verbalisant et en accueillant son émotion : « je vois que tu es triste et que tu as besoin de ta maman, mais ce n’est pas possible maintenant…. Que papa et/ou maman, va venir te chercher après la sieste ou le goûter.. » j’essaie de lui donner un repère temps.

Si besoin, je donne tétine, doudou et je le prends dans mes bras.

Si l’enfant est en colère, je le laisse, mais je reste à côté de lui, j’essaie d’avoir une présence rassurante et contenante.

Je lui dis (si je le peux) le déroulement de la matinée, ce que l’on va faire, etc.

………….

Je sais que la séparation est un moment difficile à vivre, mais elle est nécessaire à l’enfant comme aux parents. Vous allez apprendre à vous éloigner l’un de l’autre, ce qui est important dans le processus de séparation individuation. Ce processus va permettre à l’enfant de devenir autonome.

Je terminerai par une citation :

« La séparation est une occasion sublime d’être soit » Rufo.

@bientôt

Les mots que vous pouvez utiliser ?
C’est dur pour toi de …
C’est difficile de …
Je vois que… (tu es triste, ça ne va pas trop bien aujourd’hui…)
J’imagine que …
Je comprend que tu dois souffrir de …
Tu es …(triste, en colère, inquiet …)
Tu te sens triste à l’idée de …(ne plus voir votre maison…)
Tu as envie de …(te venger, ne plus jamais le voir, lui téléphoner…)
Tu aimes …(la musique, les oiseaux, les animaux…) Isabelle Filliozat

Pour l’aider à aller plus loin, poser aussi des questions ouvertes.
Bannissez le « pourquoi ? »
En effet les enfants, n’ont pas cette capacité à faire appel à la réflexion, ils sont dans le ressentis et c’est ce que l’on recherche.
Dites :
Qu’est-ce qui se passe ?
Qu’est-ce que ça te fait ?
Qu’est-ce qui se passe pour toi quand…
Qu’as-tu ressenti quand…
Qu’est-ce qui te rend le plus triste ? en colère ? etc. Isabelle Filliozat

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