La sieste oui, mais par n’importe comment !

Bonjour,

Il y a quelques jours, je participais à une discussion via FB autour de la sieste en crèche. Doit-on oui ou non réveiller un enfant pour le goûter ? A cela, la majorité des professionnelles, répondent : non
Je suis d’accord sur les bienfaits de la sieste et l’importance de ne pas réveiller un enfant qui dort. Mais au delà de cette importance, je m’interroge sur la durée de la sieste ? La sieste, est-elle encore bénéfique quand l’enfant dort 3,4 voir 5h  ??

Bien évidemment, mon besoin de connaître la réponse s’est fait sentir et je me suis mise à lire des tas d’articles sur le net, j’ai regardé dans mes livres et voici les résultats de ma recherche.

Qu’est-ce que le sommeil ? 

Le sommeil :  État physiologique périodique de l’organisme (notamment du système nerveux) pendant lequel la vigilance est suspendue et la réactivité aux stimulations amoindrie. (On distingue une phase de sommeil lent, profond et réparateur, et une phase de sommeil paradoxal, caractérisé par le rêve.)
Besoin de dormir : Céder au sommeil.
État d’inactivité provisoire ou d’activité ralentie de quelque chose : Une industrie qui sort du sommeil. Larousse

Le sommeil a une importance fondamentale pour la santé. La nuit, le corps récupère, il favorise et stimule les apprentissages, la mémoire, il fabrique des anticorps pour lutter contre les infections et les maladies puis il stimule des hormones… 

Le sommeil est nécessaire à la croissance de l’enfant et à la maturation de son système nerveux. En effet, c’est pendant ce temps que l’hormone de croissance est sécrétée, que la mémoire se construit et que s’organisent les informations acquises tout au long de la journée. 

Wouah, c’est qu’on bosse la nuit !!!!

Les enfants de moins de 3 ans ont besoin d’environ 12 heures de sommeil par nuit avec 1 sieste en début d’après-midi. Bien évidemment, ce temps varie d’un enfant à un autre voire d’un jour à l’autre. Le manque de sommeil est provoqué par des contraintes scolaires (écoles, garderies), des sorties tardives (week-end) de la part des parents, des cauchemars, des terreurs nocturnes ou autre. On dit alors, qu’ils accumulent une dette de sommeil.

Pour que les enfants aient 12 heures de sommeil par nuit, ils devraient être couchés à 19h pour un levé à 7h. Or, vous et moi, savons que les enfants sont rarement couchés à 19h mais plutôt entre 20h et 21h soit une dette de sommeil d’environ 2h/3h par nuit. La sieste permet donc de combler le manque de sommeil de la nuit précédente… Bien évidemment, il est important que l’enfant soit couché tous les jours à la même heure, afin de ne pas avoir trop de dettes de sommeil… 

La sieste, quand et combien de temps ? 

« L’enfant à la sieste, peut dormir le temps qu’il veut, sans que cela porte préjudice au sommeil de la nuit … De même, qu’il est faux de croire que si l’on prive un enfant de la sieste, il s’endormira plus facilement le soir » …  

Pas facile de s’y retrouver dans tout ça …

Et bien, d’après mes recherches, tous sont d’accord pour dire que la sieste doit se faire tôt l’après-midi. Généralement, après le repas entre 12h30 et 13 heures et doit se terminer au plus tard à 15 heures/15 h 30. Elle ne doit pas durer plus d’un cycle. Je rappelle qu’un cycle dure en moyenne de 1h30 à 2h.

train

Une bonne sieste… Mais pas trop longue !!

Il est nécessaire de respecter un temps de veille assez long entre la sieste et le moment du dodo. En effet, si l’enfant fait une sieste trop longue ou trop tardive, celle-ci serait néfaste sur la quantité et surtout sur la qualité du sommeil de la nuit qui suit. Et nous savons, qu’un bon sommeil de nuit est indispensable pour être en pleine possession de ses capacités et démarrer la journée dans de bonnes conditions.
Une sieste trop longue, pourrait également retarder l’endormissent et provoquer une dette de sommeil supplémentaire.

En tant que maman, je pense également au décalage que peut engendrer une longue sieste. Car qui dit longue sieste, dit goûter plus tard, donc dîner plus tard, se coucher et s’endormir plus tard.. Pour se réveiller à la même heure le lendemain matin… Là pour le coup, ce n’est pas le top !

Les conséquences d’une dette de sommeil.

Un enfant en manque de sommeil, se traduit par un changement brutal de son comportement. Il faut donc être vigilant à des signes tels que :

  • L’hyperexcitabilité,
  • l’irritabilité,
  • les colères,
  • l’intolérance à la frustration,
  • l’intolérance au changement,
  • les pleurs,
  • une humeur changeante.

Plus le niveau de fatigue est élevé, plus il est difficile de s’endormir, cette règle se vérifie tant pour les jeunes que pour les adultes. Par ailleurs, un enfant que l’on empê­che de faire la sieste s’habitue à lutter contre les signes de fatigue et a plus de difficultés à s’abandonner aux bienfaits du sommeil. (Brigitte Langevin)

La sieste a des vertus qui sont incontestables. Il est donc important que celle-ci soit mise en place dans de bonnes conditions et dans le respect du rythme de l’enfant.

Mon accompagnement à la sieste en crèche.

La sieste est pour moi un temps parfois difficile à gérer. Bizarrement, c’est toujours à ce moment, que choisissent les enfants pour mettre à rude épreuve ma patience…

Bon nombre de fois où sur les réseaux sociaux, j’ai vu des appels à l’aide sur « comment gérer ce temps ».

Après observations de l’équipe, nous avons discuté d’une nouvelle organisation de la sieste dans la section des grands. En effet, les enfants étant nombreux, ça génère beaucoup de bruit, car ils courent, crient, peuvent faire preuve d’agressivité envers les autres enfants et nous nous épuisons.
La directrice a proposé de diviser le groupe en deux. Un groupe sur un tapis et le deuxième sur un autre tapis et chacune s’occupe d’un groupe. J’ai trouvé l’idée bonne… Le premier jour, j’ai pu observer que ça n’allait pas. En effet, le groupe était encore bruyant, courait dans tous les sens, etc. Il fallait donc réajuster.
J’ai donc proposé une nouvelle organisation.

En tant qu’éducatrice de jeunes enfants, comment j’accompagne les enfants à la sieste

Le midi, pour l’accompagnement à la sieste, nous sommes 2 professionnelles. La section est composée de 2 dortoirs et chaque enfant a son lit et sa place fixe. Il y a très peu de « turn over » des lits. En effet, nous faisons en sorte de limiter les déplacements. Pour cette nouvelle organisation, j’ai proposé que chacune de nous accompagne un groupe d’enfants correspondant à un dortoir.

Quand j’arrive dans le dortoir avec le groupe d’enfants, tout est prêt. En effet, j’ai en amont, préparer tout ce dont j’avais besoin (bacs pour les vêtements, doudous, tétines et livres). Pendant que j’aide les plus petits, les plus « autonomes » se déshabillent seuls. Une fois tout ce petit monde déshabillé, chacun prend son bac de vêtement et tout ensemble, nous allons dans la salle de bain les ranger. Pendant que je range les bacs, certains passent aux toilettes puis je mets les couches à ceux qui en ont besoin. Quand tout est rangé, nous retournons dans le dortoir et j’essaie au maximum de créer une ambiance calme et propice à la sieste (pénombre, musique calme, voix posée, etc … Puis j’invite les enfants à aller dans leur lit avec doudou et tétine et je m’installe pour lire plusieurs histoires et chacun s’endort à son rythme.

Pour le réveil, la plupart du temps, je favorise le réveil spontané de l’enfant. Quand je vois que l’heure du goûter arrive, car oui, il y a quand même un timing à respecter et je pense (d’ailleurs, mes recherches l’ont « confirmée ») qu’une sieste trop longue n’est pas profitable à l’enfant, j’ouvre la porte du dortoir afin que les bruits lui parviennent et le sortent tout doucement du sommeil. De plus, pour qu’il prenne son goûter tranquillement, j’évite d’ouvrir la porte au dernier moment… Il est important, je pense, de lui laisser le temps d’émerger. En effet, je considère que le réveil ne doit pas être brutal mais progressif, pour ne pas « couper » une phase de sommeil importante.

Le sommeil est un besoin physiologique vital et bien qu’il soit indispensable, je ne peux forcer un enfant à dormir. Eh oui, je suis désolée de vous le dire, mais le sommeil ne se commande pas à volonté … Oui, je sais, dommage !! Par contre, je peux lui proposer un temps de repos et faire en sorte que ce temps lui soit profitable.

Mon bilan de cette nouvelle organisation

Voici, ce que j’ai observé.

  • Une continuité de mon accompagnement à la sieste
  • Les enfants sont acteurs de leur sieste
  • Un groupe plus posé et plus calme
  • Un groupe plus à l’écoute
  • Les enfants s’endorment plus rapidement
  • Le sommeil est de qualité (réveil de bonne humeur, enfants plus posés)

Et dire que dans notre société la sieste est « mal vue » … Je comprends pas pourquoi !

Voici un doc très bien fait : http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1215.pdf

@bientôt

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