« Bon, ça suffit les caprices !! »

Un matin, alors que les enfants sont en jeu libre, une collègue dit à un enfant « Bon, ça suffit les caprices ». Je suis intervenue en lui disant :  » le caprice, ça n’existe pas, c’est un mot d’adulte. Le caprice, c’est une réponse de l’enfant à un besoin non satisfait. » En réalité, c’est bien plus complexe que ça 😉

Pour la plupart des parents et/ou professionnels(les) de la petite enfance, les enfants font des caprices. Léo veut jouer avec le camion jaune, Arthur veut une serviette rouge, Romain veut le ballon blanc, Martin veut le gros cube rose qu’Arthur lui a pris, alors qu’il y en a plein sur le sol et dès que nous leur refusons, ils pleurent, hurlent, se jettent au sol…. Bref, ils nous rendent chèvre !! D’ailleurs saviez-vous que caprice provient indirectement du mot capre en italien, qui veut dire chèvre ?

Est-ce vraiment un caprice ? D’ailleurs, c’est quoi un caprice ?

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Source : Blog Parents

Pour le petit Larousse, un caprice, c’est une volonté soudaine, irréfléchie et changeante de quelqu’un, parfois d’un animal ; une lubie.

PSYCHOL., lang. cour. Exigence obstinée et irréductible souvent accompagnée de colère. Les «caprices » ou « entêtements » de l’enfant (MounierTraité du caractère,1946, p. 412).

Isabelle Filliozat, dans cette vidéo  définit le caprice comme « un comportement de l’enfant que l’adulte ne comprend pas. Un caprice, c’est le jugement, l’interprétation, c’est l’étiquette qu’un parent ou un adulte met sur le comportement de l’enfant qu’il ne comprend pas. » 

Si je résume, le caprice, c’est l’expérience d’une frustration de l’enfant face à un désaccord avec l’adulte. On parle alors de « caprice » lorsque l’enfant manifeste une vive réaction face à un désaccord, et c’est cette réaction que les adultes redoutent le plus… En effet, quels parents ne redoutent pas la crise dans les magasins ….

Voici une astuce, un petit test, qui permet de savoir si oui ou non votre enfant à l’âge de faire un « caprice »

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Tu ne vas pas en faire tout un drame ?! 

Et si justement !! L’enfant vit comme un drame, le refus que vous venez de lui « imposer ». Pourquoi ? Attention, c’est le moment de la minute scientifique ;-).

Dans son livre « J’ai tout essayé », Isabelle Filliozat nous explique, que « l’enfant qui souhaite quelque chose, va fabriquer dans son cerveau de la dopamine et des enképhaline, molécules du plaisir et de l’anticipation de la récompense et le refus de lui donner ce qu’il souhaite, va provoquer chez lui, la chute brutale du taux de ces molécules. Cette chute va alors déclencher, une réaction d’agression vers la première personne ou objet présents.
C’est ainsi que l’on peut assister à la colère et au chagrin de l’enfant. Mais sachez que votre enfant ne cherche, ni à vous manipuler, ni à vous tester, tout simplement parce que son cerveau est encore immature. Votre enfant a besoin d’apprendre à traverser cet état émotionnel. Pour cela, il est important de se poser LA bonne question :
Qu’est-ce qui se passe pour lui, à ce moment-là ?

L’accueil, l’accompagnement et l’écoute de ses émotions, seront des clés essentielles pour répondre à la question et intervenir de façon adéquate.

Ses besoins physiologiques sont-ils satisfaits ? 

Personnellement, quand je suis fatiguée ou quand j’ai faim, je suis d’une humeur massacrante… Pour les enfants, c’est pareil, sauf qu’ils ne gèrent pas aussi bien que nous … Quoi que … 😉  Les émotions sont plus intenses, l’enfant réagit donc plus vite. J’ai pu l’observer plus d’une fois au sein de la crèche… La faim et la fatigue sont des causes fréquentes lors de crises. Il est donc important de bien observer l’enfant. Peut-être que l’heure du repas arrive ? Peut-être qu’il n’a pas assez dormi ? Ou qu’il accumule une dette de sommeil ?

Et il se passe quoi dans le cerveau ?  « Extrait de « Pour une enfance heureuse » Catherine Gueguen

Avant 5 – 7 ans, les enfants ont une immaturité cérébrale qui se manifeste par de nombreuses réactions telles que : pleurs incontrôlés, irritabilité, trépignements, agitation, colère, hurlements et parfois dans ces moments de crises, les enfants ne se contrôlent absolument pas. Ils se roulent à terre, ils jettent des objets (ce qu’ils trouvent sous la main), ils se cognent la tête, ils frappent, ils mordent, ils griffent …..bref toutes ces manifestations sont pour l’adulte des « caprices ». Or il ne s’agit pas de caprices ou autres troubles, mais c’est la conséquence d’une immaturité du cortex préfontal et des circuits relayant l’information entre le cortex et le système limbique. Le cerveau n’est pas assez développé pour gérer ces tempêtes émotionnelles. Avant 5-7 ans, les enfants sont envahis par ces émotions et ces impulsions primitives d’attaques ou de fuites. Ils ne sont pas capables de prendre du recul, de réfléchir, d’analyser la situation. L’enfant petit reçoit les émotions de plein fouet, sans filtre, sans possibilité de s’apaiser seul. Il est donc essentiel que les adultes apaisent cet état émotionnel.

Il est pour moi important de connaitre et de comprendre le développement neuropsychologique de l’enfant afin de l’accompagner dans ces émotions et de répondre au mieux à ces besoins.

Concrètement, comment intervenir ?

Déjà, il faut rester calme. En effet, il est plus facile d’accueillir l’émotion de votre enfant en étant calme, quand lui criant dessus. Pour l’avoir vécu, je vous confirme que crier sur votre enfant, ne fera qu’accentuer +++ sa crise …. Une fois le calme en vous, vous pourrez accompagner votre enfant en l’écoutant et en mettant des mots sur ce qu’il vit  » Je vois que tu es en colère, triste… » « tu es fâchée, parce que… ». Parfois, quand l’enfant est dans un état de « rage », il ne vous entend pas et il n’a besoin de rien d’autre, que d’être pris dans les bras de façon tendre, mais ferme. Cela lui permet de se décharger émotionnellement. Il se peut également que l’enfant refuse ce contact, il y a alors pleins de petites choses à mettre en place, je pense au coussin de la colère, la bouteille d’eau colorée avec des paillettes dedans, compter et souffler (1, pfff, 2, pfff, 3, pfff, 4, pfff…), rester à côté et dire des mots simples, « je reste à côté de toi », « je suis là… » et parfois rester à côté et ne rien dire.

Et après la crise ? 

Une fois la tempête émotionnelle passée, je pense qu’il est important de revenir sur la « crise.  » Tu as vraiment crié très fort, tu étais très en colère. Qu’est-ce qui pourrait t’aider la prochaine fois ? ». Dans ces moments-là, j’utilise beaucoup la résolution de problèmes (Faber et Mazlish). C’est-à-dire, qu’ensemble, nous trouvons des idées, puis il choisit celle qui lui convient…

Quelques articles et livres pour aller plus loin : 

Voici un article très intéressant de Sandrine Donzel, sur son site S Comme c « Les crises de nos enfants » l’article va vous menez vers d’autres liens très intéressants.
J’ai découvert ce blog  Ensemble Naturellement , il y a très peu de temps et en remontant dans les archives, j’ai trouvé un article sur les caprices, qui complète parfaitement le mien, ce qui n’est pas étonnant, vu que nous avons les mêmes lectures 😀

Les livres qui me suivent partout :
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Parents-épanouis

 

 

 

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