« je ne peux pas prendre soin des autres sans prendre soin de moi »

Suite à la lecture de l’article de Madame gazouille, sur le Burn-out des professionnels de la petite enfance, j’ai fait un « parallèle » avec mon expérience professionnelle. En effet, dans son article, plusieurs phrases ont attiré mon attention.

Il y a aussi régulièrement un conflit intra-personnel, entre nos idéaux et la réalité du terrain. C’est douloureux de ne pas être en accord avec ses valeurs, même si on est conscient des limites de la collectivité.

C’est exactement ce que je vis, je suis en conflit constant avec mes idéaux, mes valeurs et la réalité du terrain que m’impose la direction.

Nous (l’équipe et moi-même) sommes envahis par une quantité de protocoles, la direction nous demande et nous devons accepter des choses incohérentes…

Alors oui, c’est douloureux. Douloureux au point de me faire douter de mon métier, de m’en dégoûter même… Oui, je suis consciente des limites de la collectivité, mais dois-je pour cela, aller au-delà de mes propres limites ? Dois-je tout accepter au nom des protocoles et de, « c’est comme ça et ce n’est pas autrement ? « Comment en suis-je arrivé là ? Comment de nos jours, je peux encore entendre ce genre de choses ?

Et puis, on travaille avec et pour des adultes, parfois exigeants, pas toujours compréhensifs. Et le travail d’équipe n’est pas simple. Ca peut faire beaucoup.

Oui, travailler avec les adultes, les parents, les collègues et la direction, n’est pas simple. Le travail en équipe, c’est difficile, la communication, c’est difficile, surtout quand les personnes en face de nous ne reçoivent pas les infos de la même façon ou les interprètes de façon très limitée ou pire encore, ces même personnes foutent la M***** et se font passer pour des victimes…. Que c’est usant de se battre au quotidien contre ce genre de personne…

Le constat est quand même alarmant. Quand je lis certains témoignages de mes collègues EJE que je côtoie via les réseaux sociaux, je peux y lire la même colère, la même déception et cette même impuissance face à ce monde où maintenant, seule la quantité et l’argent compte, même le bien-être des enfants ne compte plus…. Ce qui me conforte, c’est que tout le monde ne vit pas la même chose et heureusement !!!

C’est devenu mon quotidien et il devient pesant. Aujourd’hui, mon corps, ma tête et mon coeur, me disent STOP. Je les ai écoutés, car  « je ne peux pas prendre soin des autres sans prendre soin de moi ».

@bientôt

 

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7 commentaires sur « « je ne peux pas prendre soin des autres sans prendre soin de moi » »

  1. Je vis la même chose! L’EJE est toujours au centre de tout cela et sa devient pesant, on se demande si on a bien choisit notre métier et parfois on se sent impuissant face a se qu’on nous impose et qui est contre nos valeurs et notre métier!!! Mais pas le choix on est entre l’équipe et la direction, entre ce qu’on a appris et ce qu’on nous impose de faire!!!!!!!!!!! C’est un métier vraiment difficile physiquement et psychologiquement car on travail sur soit tout les jours on se pose milles et une questions, on essaie constamment de s’adapter mais a un moment donné le coeur, le corps et l’esprit disent STOP!!
    Anais
    EJE

  2. Mon article a beaucoup fait réagir. Nous sommes nombreux à subir notre quotidien et c’en est bien dommage.
    Effectivement, les protocoles, les exigences et réactions des uns et des autres, des partenaires, des parents, des collègues… c’est épuisant !
    Régulièrement, j’ai des ras le bol. Et pourtant je relativise car quand je lis sur les réseaux sociaux ce que vivent mes collègues dans d’autres structures, je mesure la chance que j’ai ! Directrice adjointe, j’ai la possibilité d’agir pour que le bien-être de l’enfant soit respecté. C’est juste qu’avec les conditions budgétaires et humaines, ce n’est pas facile… mais on y arrive. Ouf.
    Depuis ce colloque, je me répète aussi cette phrase « je ne peux pas prendre soin des autres sans prendre soin de moi » et j’essaie de prendre du temps pour moi, en dehors du boulot. Prendre soin de moi, c’est aussi faire en sorte que ce qui se passe au boulot ne me touche pas plus que ça ne le devrait. J’essaie. Sur le moment, ça m’affecte et puis quelques heures après, allez, c’est comme ça. Je repense aussi souvent à ce que Héloise Junier a dit : nous sommes souvent dans la plainte et la revendication, pas dans la recherche de solutions. En ce moment, nous sommes confrontées à des absences de professionnelles à répétition, à une collègue que nous n’avons pas remplacée à la fin de son contrat, à un déficit… On pourrait se plaindre, on pourrait. Mais ça fait plus de mal que de bien. Encore une fois, ça m’affecte et puis on se dit « c’est comme ça » et on cherche des solutions. Structure à gestion parentale, les familles se mobilisent pour venir nous aider : c’est génial d’avoir cette possibilité ! Et puis on va s’organiser. On communique davantage quand il faut s’organiser pour optimiser. Mais c’est moins confortable, certes. Mais c’est comme ça. Haut les cœurs, on va gérer 🙂
    Ce n’est pas facile mais il y a des choses qui ne dépendent pas de nous, ne les laissons pas nous atteindre. Parlons-en. A plusieurs, c’est plus facile. On se soutient, quand un va pas bien, l’autre peut le relever. Quand un voit noir, l’autre peut positiver. N’hésitez pas à en parler, ça soulage 🙂
    Et si vraiment c’est stop, c’est stop. Il faut s’écouter. Je vous souhaite beaucoup de courage et une belle continuation, quel que soit le chemin.

    1. Merci pour votre réponse et vos encouragements. Je ne suis pas adj mais EJE 100% terrain… J’ai donc très peu de marge de manoeuvre…. 😦 De plus, depuis décembre, j’ai vécu beaucoup de situations difficiles et là c’était trop …. 😦

  3. Je me retrouve dans votre article comme dans celui de Madame Gazouille. Et même si cela « me rassure » de ne pas être la seule à vivre ce genre de choses, je me sent extrêmement seule face à mes valeurs, mes doutes et surtout mon avenir.
    C’est tellement durgent d’arrêter de se remettre en question quand on a rien à se reprocher mais quand ta direction te faut culpabiliser à mort et sait très bien appuyer là où ça fait mal…

  4. Je me retrouve dans votre article comme dans celui de Madame Gazouille. Et même si cela « me rassure » de ne pas être la seule à vivre ce genre de choses, je me sent extrêmement seule face à mes valeurs, mes doutes et surtout mon avenir.
    C’est tellement dur d’arrêter de se remettre en question quand on a rien à se reprocher mais quand ta direction te faut culpabiliser à mort et sait très bien appuyer là où ça fait mal…

  5. 015 à 16:28
    Je me retrouve dans votre article comme dans celui de Madame Gazouille. Et même si cela « me rassure » de ne pas être la seule à vivre ce genre de choses, je me sent extrêmement seule face à mes valeurs, mes doutes et surtout mon avenir.
    C’est tellement dur d’arrêter de se remettre en question quand que l’on a rien à se reprocher mais quand ta direction te fait culpabiliser à mort et sait très bien appuyer là où ça fait mal…

    1. comme je te comprends … Mais nous avons cette capacité à nous remettre en question et même si nous n’avons rien à nous reprocher, c’est une force, car nous allons chercher à nous améliorer 😉 … et je ne veux pas perdre ça. Si jamais tu as besoin de parler un peu plus de ce que tu vis, n’hésites pas..

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