Pas le droit à l’erreur ?

La bienveillance, je la pratique maintenant depuis quelques années et elle est parfois « difficile » à mettre en place. C’est comme une nouvelle langue à apprendre. Encore aujourd’hui, j’ai des loupés, un bras tiré un peu trop fort, des cris, des colères, mais je ne me sens pas pour autant « maltraitante »ou « malveillante », car tout de suite, je rectifie, je verbalise, je m’explique, je présente mes excuses, etc … Et je suis assez fière de moi, car cela fait très longtemps que je n’ai pas eu de loupé.

Pour essayer tous les jours, appliquer la bienveillance au sein d’une collectivité, c’est difficile. D’autant plus que, tous les enfants non pas les mêmes besoins au même moment, les mêmes attentes, tous n’ont pas le même comportement et tous ne sont pas au même stade. Et nous, eh bien, nous ne sommes pas des robots, nous sommes des êtres humains, nous avons des émotions, un vécu, une expérience propre à chacun, nous avons nos limites et surtout nous n’avons pas tous la même interprétation d’un geste. En effet, là où je vois de la violence, d’autres y verront une « banalité ».

Mais nous le savons, les vieilles habitudes nous mènent la vie dure et quand on souhaite les changer et bien ce n’est pas facile.

La semaine dernière, dans la crèche où je travaille, nous avons été « informés » sur la notion de bienveillance. Et là où il y a un décalage et une grande différence, c’est que : oui, nous sommes « informés », mais nous ne sommes pas « formés ». Et cela me mets en colère quand une semaine après avoir été « informés », à la première erreur, nous sommes appelés au bureau pour un « recadrage »… Je comprends, mais cette pratique, cette attitude n’est pas innée chez l’adulte. De ce fait, le changement ne peut pas s’opérer du jour au lendemain. Tout simplement parce que c’est « presque inconsciemment » que nous agissons de cette façon, car cela fait partie de notre quotidien, de notre culture, de notre éducation, de notre vécu…. Mais en aucun cas, nous agissons de la sorte pour nuire à l’enfant.

L’adulte a besoin de temps pour faire de cette notion de bienveillance, une habitude et ainsi avoir une attitude bienveillante au quotidien.… Alors, un entretien de « recadrage » n’est pas nécessaire, pour moi, il sert seulement à faire culpabiliser l’adulte. Or, l’adulte n’a pas besoin qu’on le culpabilise pluS, (il le fait déjà très bien tout seul), il a besoin de comprendre pourquoi il a dérapé et il a besoin de trouver des solutions pour gérer ces situations. En effet, pour intégrer cette notion de bienveillance envers les autres, il faut avant tout être bienveillant avec soi-même. C’est-à-dire, reconnaître ses erreurs, ses émotions, identifier ses besoins, etc

Alors mes chers lecteurs, sachez que le chemin vers la bienveillance peut être long et semé d’embûche. Tout dépend de son vécu. Ayez confiance en vous, en ce que vous ressentez et surtout ne laissez pas tomber à la moindre erreur, mais apprenez plus tôt de celle-ci. Retrouvez la persévérance que vous aviez quand vous étiez petit, bah oui, vous n’auriez pas appris à marcher, si à la moindre chute, vous aviez laissé tomber.

@bientôt

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2 commentaires sur « Pas le droit à l’erreur ? »

  1. Merci pour cet article ! Effectivement je culpabilise beaucoup en ce moment de mes « dérapages » à la crèche, mais c’est souvent difficile, dans certaines situations notamment et je ne sais plus toujours comment rester bienveillante… et quand la directrice me dit en partant en weekend qu’elle veut me voir la semaine prochaine pour parler de certaines choses, ça me fait culpabiliser encore plus, et douter de mes compétences pour ce métier… mais je m’accroche, je sais que le chemin vers la bienveillance et long et semé d’embuches, mais qu’à force je finirai par y arriver ! Surtout avec l’appui de blogs comme le votre !

    1. Je vous remercie pour votre commentaire. Oui, en collectivité c’est difficile, surtout au moment du repas ou de la sieste ….. Il est dans ce cas là, important de se demander qu’est ce qui fait qu’a ce moment précis, ça « dérape »? De plus, ressentir la culpabilité et le doute c’est normal et je dirai « tant mieux, c’est une bonne chose. Je m’inquièterai si c’était le contraire. Quand ça ne va pas ou quand je suis sur le point de craquer, bien souvent, je passe le relai, je quitte la pièce ou autre bref, j’appuis sur PAUSE et je me recentre. Par contre, ce n’est pas très sympa de la part de votre directrice, de vous dire ça avant le week-end … Surtout accrochez-vous, nous ne sommes pas des ordinateurs ou il suffit de lancer un programme pour être bienveillant.

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